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A la recherche d’Abdelkader Chaoui par Salim Jay

C'est un beau livre étrange et, dans le même temps, le moins étrange des livres puisqu'il nous parle, de vive voix, de la vie à l'ombre de la mort et de la mort à l'ombre de la vie. Ce livre d'Abdelkader Chaoui, traduit de l'arabe par Siham Bouhlal -Photo ci-jonte de l'écrivain marocain AbdelakaderChaoui

nous parle, de vive voix, de la vie à l'ombre de la mort et de la mort à l'ombre de la vie. Ce livre d'Abdelkader Chaoui, traduit de l'arabe par Siham Bouhlal, avec tantôt de suaves fulgurances et, parfois, une inquiétude constellation d'à peu près confinant à l'impropriété, ce récit presque choral s'intitule en français Le marchand de la mort et c'est au Chili qu'il a été imprimé pour les éditions Altazor. Un livre marocain traduit en français et édité à Vina del Mar-Chile, c'est sûrement une première ! On en trouve un tout petit nombre d'exemplaires dans les rares librairies marocaines. C'est fort dommage, vraiment, qu'un ouvrage aussi singulier, à la fois grave, ironique, élégant, ne puisse être lu que par un petit nombre de ceux qui l'auraient découvert avec émotion. Du moins, lorsqu'on, le trouve au Maroc, Le Marchand de la mort est-il vendu 25 dirhams, ce qui est un cadeau !
La version originale, en langue arabe, est heureusement mieux diffusée par les éditons Le Fennec. Mais pourquoi Le Fennec n'a-t-elle pas publié les deux versions de ce livre ? Fallait-il être sûr d'en compliquer l'accès au public ?
Le récit introspectif d'Abdelkader Chaoui fait souvent songer au magnifique livre du Palestinien Hussein Al Barghouti Je serai parmi les amandiers qui parut à Ramalah en 2004 chez Al Mu-assassa al-filastiniyya lil-l-irshad al qawanï et fut traduit par Marianne Weiss en 2008 aux éditions Sindibad, en France.

Hussein Al Barghouti écrivait : «Paul Klee a dit un jour que le peintre ne peint pas le «visible» mais, en peignant, rend visible ce qu'il peint. Le cancer est un peintre qui a rendu l'invisible visible à mes yeux lorsque, dans l'âme, se sont rencontrés l'art, l'amour et la mort. Je serai parmi les amandiers n'est pas un récit de désolation ni une brassée de propos exaltés». Il se trouvait tout simplement que Hussein Al Barghouti ne pouvait parcourir le couloir de l'hôpital «sans avoir le sentiment qu'il [lui] serait impossible d'en atteindre le bout».
Chaoui, devant être opéré d'une tumeur, se raconte comme s'il parlait d'un autre. C'est un des ses amis que l'on est censé lire et qui raconte : «J'ai couru à l'extérieur de la clinique pourchassé par la douloureuse vision d'Abdelkader Chaoui.
Lorsque l'écrivain consent à reconnaître la responsabilité pleine et entière de ce qu'il écrit et éprouve, le voici nous proposant un sujet de méditation arithmétique :» «C'est l'illusion que la vie puisse donner à quiconque plus que ne peut lui ôter la mort». C'est une règle dont seuls les malades perçoivent le fondement».
Le lecteur du Marchand de la mort ne sera pas poursuivi par «ces exhalaisons médicales haïes des malades» mais par la force entêtante d'un récit à plusieurs voix au cours duquel l'amitié, l'amour et la solitude sont tour à tour décodés comme subrepticement.
Curieusement, il m'a semblé que beaucoup de ce que ne dit pas Abdelkader Chaoui, du moins pas explicitement, dans Le marchand de la mort se trouve exprimé par Mahmoud Darwich, ici ou là, dans ses Entretiens sur la poésie avec Abdo Wazen et Abbas Beydoun (traduits de l'arabe par Farouk Mardam-Bey) chez Actes Sud en 2006. C'est peut-être tout simplement parce que Chaoui a été très marqué par ses amitiés palestiniennes et que, sur le terrain de la nostalgie inquiète, il en connaît un bout, lui aussi.
Darwich disait ceci à Abdo Wazen : «L'autobiographie incite parfois à la vantardise, à se peindre comme quelqu'un d'autre». Abdelkader Chaoui, confronté à la maladie, aiguise dans Le marchand de la mort les moyens qu'il possède de se chercher, de se trouver et de se perdre. Il rend qui le lit conscient du privilège d'être en vie, sans autre envie qu'en dure un peu plus l'étrange expérience.
On aime que ce livre invite et quasiment oblige à un sentiment fraternel. Lorsque Chaoui évoque par l'un des ses amis, dans LE Marchand de la mort comme «affranchi de ses sentiments traditionnels qui l'avaient fait prisonnier d'un destin», c'était sans compter sur la chance, ou, qui sait ? en comptant sur elle. Sans marchandage.
Parti à sa propre recherche, Abdelkader Chaoui n'en est pas moins devenu ambassadeur du Maroc au Chili; Il nous reste donc à espérer qu'il nous racontera le Chili dans un livre

Publié au Journal Le soir le  14 juillet 2011 

 

الكاتب: محمد الداهي بتاريخ: الجمعة 18-11-2011 11:21 أ•أˆأ‡أچأ‡  الزوار: 1721    التعليقات: 0